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 Humeur aussi maussade que le temps : tensions et orages

Randall Flagg
Falloudien


Inscrit le: 23 Nov 2007
Messages: 216
Localisation du personnage: A l'ouest de Culhaven
Masculin


Randall retira ses lourdes bottes de la table basse sur laquelle il vait passé le plus clair de matinée…

Depuis deux semaines, il était arrivé à Althaïr.

Le salon dans lequel il se trouvait était rempli d’officier de l’armée impériale…
La pièce avait des murs de pierre, et une immense table sur laquelle était étalée une immense carte de l’Empire et du Royaume Varostan… Divers pions étaient placés sur celle-ci, r^présentant les forces en présences, les points stratégiques…

Randall se décida à se lever, puisque tout se passait autour de cette table.

Depuis dix jours, les réunions stratégiques se succédaient… Il avait aussi eu droit à quelques festivités à caractère officiel, où il s’était vu obligé de discuter de sujet sans intérêt avec de nobles aussi idiots qu’inintéressants…

On parlait beaucoup d’une guerre dans le nord, depuis que la nouvelle du siège de Béaris était arrivée.

S’il avait bien compris, en tant que noble et vassal de l’empereur Acturus Terenas, il était contraint de se mettre aux ordres de la couronne impériale…

Il fit semblant de s’intéresser à la discussion générale, mais dans l’ensemble tout cela était vain… ce ne serait qu’une fois sur le terrain qu’on saurait quoi faire…

Les forces assiégeant béaris devaient compter vingt mille hommes… mais la sombre cohorte qui constituait le gros des troupes des envahisseurs n’était même pas encore sur le continent…

Les Oldaghans les voyaient comme des barbares idiots… mais Randall savait que ce n’était qu’un moyen de se protéger de l’idée d’être réellement menacé par un ennemi…
Pour être arrivé jusqu’à assiéger Béaris, c’était un ennemi puissant, rusé et déterminé.

Randall serait envoyé dans le Nord, selon toute évidence.
Mais comme il ne possédait pas de fief et qu’il n’avait aucun grade dans l’armée impériale, il ne serait sans doute pas désigné pour diriger un contingent d’hommes d’arme…

Même si le nombre de réunion auquel il avait participé était élevé, on naviguait toujours dans le flou à propos des opérations qui seraient menées.

Toutefois, Randall pensait qu’il ferait partie d’une équipe non-officielle qui irait reconnaître le terrain et étudier l’ennemi, en vue d’envoyer massivement des troupes vers le Royaume Varostan… dans le but d’éviter, tant que possible, que le conflit s’étende à l’Empire.

Randall évita de rentrer dans le groupe de débat, et atteint une table où se trouvait de la bière, du vin et autres alcools… Il prit une coupe de vin et retourna dans son fauteuil au coin de la cheminée, et bu lentement, en contemplant l’intérieur de son verre.
De temps en temps, quelqu’un lui jetait un regard courroucé. Tous ici, à part lui, étaient pressé d’en découdre. Son manque d’enthousiasme détonait… Une altercation avait d’ailleurs bien failli se produire avec un jeune noble du Sud, qui pour une fois qu’il sortait de son taudis voulait se démarquer… Toutefois, se battre en ces circonstances étant déshonorant, ils avaient évité d’en venir aux mains.

Depuis, le consensus de groupe était de l’exclure, tout en le tolérant à proximité, puisque c’était l’empereur lui-même qui avait convoqué Randall.

Plusieurs facteurs jouaient en défaveur de Randall.
Premièrement, il n’était pas un noble de l’Empire. Pourtant bien plus noble de sang que bien des barons et des ducs en Oldaghan, il était vu comme un imposteur, un arriviste…
Deuxièmement, il venait de Fallouda… Un parfum d’inconnu qui avait plus tendance à attirer la haine que la fascination. Son origine faisait de lui un hérétique et un étranger, quasi barbare, bien que fallouda soit une cité d’art et de beauté, bien plus que tous ces bouges septentrionaux, sales, puants, et peuplés d’une plèbe infecte.
Troisièmement, et principalement : il s’était enfui de Fallouda avec sur lui le sceau de l’infamie et de la trahison. Noble déchu, il n’était pas qu’un arriviste et un hérétique, mais aussi un paria.

Au début, lorsqu’il avait fréquenté la cours, il avait commencé à faire parler de lui, des alliés potentiels s’étaient présentés, son blason s’était redoré… Mais plusieurs problèmes s’étaient présentés, qui avaient dû faire regretter à l’Empereur de l’avoir accepté comme vassal…
De sombres histoires de duels provoqués par le jeune falloudien liés à des rumeurs d’aventures avec des jeunes filles de la noblesse.
On s’était beaucoup plaint, manifestement, et tout était arrivé aux oreilles de l’Empereur.

Lorsqu’il fut convoqué, il tenta bien de défendre son point de vue, car c’était ainsi que ça allait dans la noblesse à Fallouda, mais il fut sévèrement réprimandé, et on lui demanda de présenter ses excuses aux jeunes nobliaux outragés et aux parents des filles dont la vertu avait été entachée…

Ne pouvant se résoudre à perdre ainsi son honneur, il s’éloigna du milieu de la cour et, laissant sa fortune et sa demeure gérée par la couronne impériale, il avait rejoint la Guilde qi s’occupait des aventuriers et des mercenaires… Il avait monté les échelons, aidé de ses capacités et de l’aura qui l’entourait, de par sa réputation sulfureuse de combattant et de tête brûlée.

Et il se trouvait désormais en train de boire dans son coin, taciturne, antipathique, alors que la fine fleur de la jeunesse noble de l’Empire préparait une ambitieuse mission de reconnaissance dans le but de secourir Varostan et éviter de s’embraser dans un conflit destructeur.

Puisque de toute façon, il devrait partir vers le nord, il ne voyait pas pourquoi il ne se serait pas reposé avant d’être au front.

Il se perdit dans ses pensées tandis que l’après-midi passait. Ses pensées dérivèrent jusqu'à Odélune. La guerrière l’avait quitté à Althaïr, sans un regard en arrière. Randall en avait été peiné, même si la jeune femme était incroyablement insupportable.

Il fut convenu que le départ serait donné dans moins d’une semaine.
Plus de réunion d’ici-là, chacun se préparerait pour partir. Il y aurait environ trois cents personnes qui partiraient vers le Nord.
Ce serait l’armée impériale qui se chargerait de la logistique, mais, cela fut assuré plusieurs fois, on prendrait des dispositions pour que les gentilhommes ne soit pas obligés de se séparer du confort matériel auquel ils étaient habitués. Mais Randall n’avait ni domestique pour s’occuper de ses affaires, ni affaires desquels un domestique devait s’occuper.

Son confort à lui, c’était son équipement immédiat… Il n’avait pas de luxueux pavillons de campagne, pas de tapis en étoffe rare et hors de prix, mais il avait des armes parfaitement affûtées, des armures parfaitement ajustées… Son luxe à lui, c’était le sens pratique.

Cette expédition, bien que hautement planifiée, allait, il en était sûr, réserver son lot de surprises et de dangers.

Il prit congé lorsque la fin officielle de la réunion fut déclarée.

Il sortit du palais, et enfila son lourd manteau. La pluie tombait dru, et le ciel s’obscurcissait, dans le crépuscule chahuté par les violents orages de cette fin d’été.
Il trouva un cocher qui l’emmena vers l’ambassade des Fanarïs, où il logeait.

Il songeait au voyage à venir. Sans doute avec plus d’acuité que toute l’attention des généraux de l’Empire, son instinct lui parlait de batailles à venir, de braseros enfumés, de tentes aux pans claquant dans les tempêtes d’automnes, de l’odeur de la bière, de la viande fumée et des cottes de mailles.
Ce ne serait un voyage ni facile ni joyeux qui s’annonçait. Et sans Odélune.

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"La guerre préserve la santé morale des peuples."


MessagePosté le: Ven 27 Aoû - 21:46 (2010) Répondre en citantRevenir en haut
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