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 Enfants et musique

Ellyen Entis
Fanãr


Inscrit le: 11 Nov 2011
Messages: 14
Localisation du personnage: Îles Fañar
Masculin


Je m'excuse d'avance pour les fautes qui doivent rester u.u



Ses doigts courent doucement sur les touches d'ivoire. Je l'écoute. Couchée sur le dos, à même le sol. J'écoute les sons harmonieux qui s'élèvent dans l'air. Ses longs doigts de fée si beaux sur le clavier. Ses petits pieds nus valsent d'une pédale à l'autre. Alternant le grave et l'aiguë. Mon imagination s'envole en même temps que les notes. Tantôt il me semble entendre le vent mugissant d'une tempête. Tantôt une douce brise dans les hautes frondaisons. Descente rapide. Sons graves. Répétitifs.

Il me semble capter le craquement sourds des écorces, le bruit des racines quittant le sein de la terre pour se pointer vers l'infini. Se pointer vers le ciel nuageux tels des doigts crochus accusant le créateur de les avoir assassinés. Le rythme s'accélère. Dans ma tête la scène apocalyptique se poursuit. Je vois maintenant la pluie tomber drue et s'écraser contre les arbres morts, contre les vitres des maisons. Terrifiant les enfants. J'aperçois les vagues qui s'étendent sur ce mur d'eau. Ces déferlantes formées par le vent qui souffle de toutes ses forces.

Ces images du passé me reviennent en même temps que les touches noires et blanches s'enfoncent. En même temps que les cordes vibrent. Je la regarde. Elle se tient le dos droit. Ses yeux allant alternativement des touches à la partition. Sa main quitte un instant le clavier pour tourner la page et ses doigts continuent leur danse envoutante. Je les vois se déplacer avec une légèreté toute aérienne vers des notes plus basses. Je les regarde bouger avec moins de rapidité. Plus de clame. Un calme apaisant après la violence du passage précédent.

L'herbe ondoyant doucement sous une brise d'été m'apparait clairement. Je me souviens des joyeux pépiements des oiseaux perchés dans les arbres alentour. Tout ces sons se mêlent à l'odeur de la terre encore humide à cause de la récente averse. Pas un bruit. Juste celui de nos pas qui résonnent étrangement dans le silence paisible de la forêt. Nous n'osions parler trop fort bien que nos rire brisaient cette douce quiétude de temps à autre.

Deux ou trois notes encore plus aiguës me font repenser à son rire cristallin. Le rythme se fait encore plus lent. D'autres souvenirs remontent tranquillement à la surface de mon inconscient.

Je me rappel de nos pauses sur ce ponton. Au bord de ce lac vers lequel nous allions si souvent pour parler du passé mais aussi du présent et quelques fois encore; de notre probable futur. Nous jetions quelques pierres dans l'eau. Déclenchant des remouds qui venaient s'étendre en ronds parfaits jusqu'à nos pieds qui frôlaient l'onde brune. Tes yeux qui pétillaient de malice quand tu me disais que je n'arriverais jamais à faire des ricochets. Tu avais raison. Quoique tu n'étais pas plus douée que moi. Nous ne pouvons plus aller là-bas maintenant. Maintenant que le chemin menant au lac est fermé par une grille. Nous l'escaladions de temps en temps avant mais aujourd'hui nous ne le faisons plus. A quoi bon continuer alors que nous ne pouvons plus voir le lac tant les herbes sont hautes ?

La musique accompagne ma mélancolie. Ma mélancolie des jours passés qui ne reviendront plus. Je chasse ses idées noires pour ne penser qu'au bonheur présent. Pour ne penser qu'à la musique qui coule sur ma peau comme une eau fraiche et revigorante. Elle vient me rejoindre. Comme moi elle se couche à même le sol. Je me tourne vers elle. Nos yeux se croisent. Ses yeux sont pleins de malice. Comme dans mes souvenirs. Je lui adresse un sourire radieux.

La pianiste joue la dernière note et tourne le dos à son instrument pour nous voir. Petites filles couchées l'une à côté de l'autre, la regardant avec émerveillement. Nous aussi nous nous sommes tournées vers elle. Nous sourions toutes les trois. Elle recommence à jouer. Et nous continuons à l'écouter tranquillement sur le tapis. Remontant le fil de nos souvenirs et de nos émotions parfois oubliées. Jusqu'à ce que, tout enfants que nous sommes, nous partions jouer sous le regard attendri de ma mère dont les doigts continuent leur douce valse malgré notre absence.


MessagePosté le: Lun 2 Jan - 23:26 (2012) Visiter le site web du posteurRépondre en citantRevenir en haut
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MessagePosté le: Lun 2 Jan - 23:26 (2012) Revenir en haut
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Maître Rêveur


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Messages: 315


Il faudra que tu me dises c'est quoi le titre de la partition pour que je teste ça ! Razz

Sinon, vraiment pas mal, j'ai bien aimé mais, par ta faute, je n'ai pas pu m'empêcher de voir les fautes d'orthographe !

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MessagePosté le: Mar 3 Jan - 01:18 (2012) Répondre en citantRevenir en haut
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